
Le futur quartier du Mas de Chave, à Frontignan, est encore loin de sa version définitive. La Ville annonce de nombreuses modifications, qui imposent une nouvelle phase de concertation publique.
“Le projet n’est pas abouti tant qu’il n’est pas arrêté“, rappelle Frédéric Aloy, conseiller délégué à l’urbanisme et à l’habitat, lors du conseil municipal du 15 juillet, en présentant les évolutions du projet d’aménagement du Mas de Chave, sur 8,6 hectares au cœur du quartier de La Peyrade, à Frontignan, remanié à trois ou quatre reprises depuis les premières études lancées en 2021-2022.
Le 4 juin encore, au conseil municipal, le projet reprenait les grandes lignes définies en 2025 : un parc urbain de 2,5 ha, environ 430 logements, des commerces, environ 730 places de stationnement, une résidence seniors, une voie principale de desserte, des venelles piétonnes et cyclables. Depuis, le programme a nettement évolué.
“La délibération de juin portait sur l’instauration d’un taux majoré de la taxe d’aménagement à 20 % pour la part communale, et pas sur les évolutions du projet, qui ont fait l’objet de la délibération du 15 juillet“, explique Frédéric Aloy. Traduction : pas de revirement soudain entre les deux conseils sur le projet.
Ce qui change
Le nombre de logements passerait à environ 400, tout en conservant les objectifs sociaux (35 % de locatif social et 20 % d’accession sociale). La résidence seniors disparaît, elle, du projet, remplacée par une résidence destinée aux familles et jeunes ménages.
Par ailleurs, quelques stationnements seraient supprimés en cœur d’îlot au profit d’îlots de fraîcheur, mais replacés sous les bâtiments. Quant aux bâtiments, un redimensionnement de certains est envisagé.
La suppression de la résidence seniors divise
Face à la tension foncière sur le logement, la municipalité préfère abandonner le projet de résidence seniors au profit de logements pour les jeunes ménages et les familles. “On a besoin d’attirer des familles et que les jeunes puissent se loger sur la commune“, justifie Frédéric Aloy. Le maire souligne, lui, que la ville est celle qui compte le plus d’Ehpad publics dans le bassin de Thau (250 places) et travaille avec les bailleurs sur des logements labellisés Habitat Senior Services pour les aînés en milieu ouvert. La résidence ferait donc “doublon“. L’élu RN, Cédric Delapierre maintient : “Pour nous, ça reste une erreur.”
Crèche, services de santé, commerce de proximité et restauration seraient, eux, déplacés en bordure de l’avenue du Mas de Chave, tout comme la piste cyclable, plutôt qu’au centre du projet.
Autre changement notable : le bâti existant (mas et dépendances) pourrait être démoli, alors que la municipalité assurait en octobre 2025 vouloir le préserver. Un changement de braquet qui s’explique par l’état de délabrement du mas et son faible intérêt patrimonial. Autant de modifications qui imposent donc une nouvelle phase de concertation publique, conformément au Code de l’urbanisme, et qui devrait être lancée fin septembre.
“Ça va continuer à bouger”
Pour l’opposition, ces ajustements interrogent. “Le projet avait déjà été présenté comme abouti. Or, les changements sont majeurs“, pointe Thibaut Cléret-Villagordo, y voyant un projet “présenté beaucoup trop tôt, en pleine campagne électorale“. Le groupe Rassemblement national, lui, dénonce toujours une urbanisation excessive et un stationnement insuffisant.
“On a pris en compte toutes les remarques, et on est revenus vers le porteur de projet pour le faire évoluer“, défend Frédéric Aloy. Sur le stationnement, il assure viser environ deux places par logement, au-delà donc des minimums de la réglementation (une place pour le social, 1,5 pour les autres logements).
La municipalité justifie ces choix par l’écoute des demandes des habitants et une nouvelle approche de l’aménagement urbain dans une période de transition. “On ne peut plus aménager de la même manière. Il faudra plus d’espaces, peut-être monter haut et laisser beaucoup plus d’espaces publics“, précise Michel Arrouy. Traduction : le projet n’a pas fini d’évoluer. “Ça va continuer à bouger. C’est le principe même des projets“, prévient Loïc Linares, élu de la majorité.
Entre la mise en compatibilité avec le PLU et les négociations avec le promoteur immobilier toujours en cours, puis l’instruction du permis (6 à 9 mois), “rien ne sortira avant le dernier trimestre 2027“, prévoit Frédéric Aloy.
