
À partir de la rentrée de septembre, TikTok, Snapchat et autres réseaux sociaux seront interdits aux moins de quinze ans. Si les dangers de ces plateformes sont connus, qu’en pensent les adolescents biterrois et leurs parents ?
Au revoir TikTok, Snapchat ou Instagram. Mardi, députés et sénateurs ont approuvé le projet de loi visant à interdire les réseaux sociaux au moins de quinze ans. La France devient ainsi le premier pays d’Europe à contraindre l’utilisation de ces plateformes. En pratique, cela s’appliquera dès la rentrée de septembre 2026 où les concernés ne pourront plus créer de nouveaux comptes. La mesure s’élargira ensuite aux comptes existants qui expireront après un délai de quatre mois.
La loi interdit par ailleurs les téléphones portables dans les lycées comme c’est déjà le cas dans les écoles primaires et les collèges. Si l’on connaît les dangers des réseaux sociaux et de leurs algorithmes hautement addictifs, qu’en pensent les adolescents biterrois et leurs parents ?
“On est capable de se raisonner tout seul !”
Au rayon manga de la médiathèque André-Malraux de Béziers, Cléa 13 ans ne décolère pas : “On est capable de se raisonner tout seul ! Moi je l’utilise pour parler et faire des vidéos avec mes copines, c’est juste pour s’amuser.” À côté, son amie Océane, justement en train de s’amuser avec des filtres sur TikTok, abonde : “On n’est pas des bébés !”. Dernière d’une fratrie, elle voit surtout une injustice : ses frères ont eu le droit d’utiliser ces plateformes sans restrictions, hormis celles imposées par leurs parents. Une heure par jour.
Cléa reconnaît toutefois que “certaines personnes de ma classe y passent trois ou quatre heures par jour”. “Mais peut-être que le mieux, ce serait de faire de la prévention et de nous aider à ne pas y passer trop de temps ?”, s’interroge l’adolescente.
Une question pertinente puisque certains s’organisent déjà pour contourner l’interdiction. C’est le cas de Noon, 12 ans, qui prévoit d’utiliser le compte de son grand frère. “De toute façon mes parents ne veulent déjà pas que j’aie TikTok, pourtant je me débrouille”. Et si ses copains n’y sont plus ? “J’arrêterai peut-être,” reconnaît-il. “C’est surtout pour ne pas être le seul à ne pas l’avoir que j’y suis.”
“Un soulagement”
Pour Perrine, les bras chargés de livres qu’elle emprunte pour son adolescente de 13 ans, c’est un soulagement. “Je suis plutôt opposée à ses plateformes, je les trouve dangereuses. Et c’est un sujet d’opposition et de disputes récurrentes avec ma fille. Maintenant c’est la loi. Ce sera plus facile de se faire entendre sans passer pour la méchante.”
D’autres parents, au contraire, sont plus mitigés devant cette interdiction. C’est le cas de Renaud : “Je trouve que cela ne leur apprend pas à se gérer. Il va se passer quoi quand ils auront quinze ans ? Je crains qu’ils ne plongent dedans de manière frénétique. À la limite, je serai pour leur interdiction totale, adultes compris.”.
