
Les pistes d’amélioration de la redevance incitative sur les déchets dans l’agglomération du Gard rhodanien ont été abordées lors du conseil communautaire du 1er juin au forum de Laudun. Une expérimentation va être menée à Chusclan et Orsan.
La redevance incitative sur les déchets n’a pas fini de faire parler dans le Gard rhodanien. Lundi 1er juin, au forum de Laudun, dans les toutes dernières questions abordées lors du (long) conseil communautaire de l’agglomération, où ont été votés les comptes financiers uniques des budgets, le Laudunois Patrice Prat a lancé le débat. “Prévoyez-vous des améliorations et des investissements ?”.
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Le président de l’agglomération Christophe Serre, après avoir rappelé “les inconnus” quant à l’avenir, à savoir l’évolution du prix du carburant – qui impacte le coût des tournées des camions de ramassage des déchets – et l’augmentation annuelle de la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) “votée par les parlementaires”, a expliqué que le passage à la redevance incitative avait permis “de baisser le tonnage des ordures ménagères de 40 % et d’augmenter le tri de 30 %, certes pas partout”.
Un bilan partagé par Laurent Nadal, maire de Cavillargues et vice-président délégué aux déchets.
Un seul incinérateur de déchets dans le Gard
Reste la problématique de l’enfouissement des déchets, dont le coût est élevé pour l’agglomération qui pâtit du manque d’incinérateur dans le département, “et il n’est pas prévu dans le schéma régional qu’il y en ait un autre dans le Gard […]. Le seul est à Nîmes. Avec le changement de majorité, on va pouvoir discuter avec Nîmes métropole” pour pouvoir utiliser davantage cet équipement. “Les EPCI (établissement public de coopération intercommunale) du Gard vont travailler ensemble pour trouver des solutions” avance-t-il.
“Il faut diminuer l’enfouissement, et augmenter l’incinération, c’est vital. Et on ne peut pas aller de l’autre côté du Rhône pour nos déchets” confirme Laurent Nadal qui tente de rassurer les maires de l’agglomération. “On travaille pour ne pas augmenter les forfaits de la redevance incitative qui inclut les colonnes, les déchetteries… Il va falloir trouver des pistes pour faire des économies. Si on ne trie pas bien, on paie plus cher”.
Sur la redevance incitative, “les élus doivent donner l’exemple”
“Sur la majorité des communes rurales, la redevance incitative se passe bien” constate le président de l’agglomération du Gard rhodanien Christophe Serre. “Chez moi, j’ai un composteur, je sors un sac jaune une fois par semaine, et j’ai besoin de dix levées par an. Je gère” a-t-il témoigné lors du conseil d’agglomération lundi 1er juin. “Les élus doivent donner l’exemple. 20 % des gens n’appliquent pas les règles, c’est un problème de comportement citoyen, ce n’est pas le problème de l’agglomération !”
Et de rappeler que “la loi dit qu’en 2028-2030, tout le monde devra passer à la redevance incitative. La Cour des comptes rappelle ses bienfaits !”
Parmi les pistes avancées, une expérimentation sur deux communes, Chusclan et Orsan, afin d’ “optimiser les levées pour les ordures ménagères” annonce Christophe Serre, “il y aura une campagne de sensibilisation et on le testera sur la période hivernale”. Laurent Nadal précise que “le camion passera un lundi sur deux, on fera moins de kilomètres”. Autres pistes, l’installation de bennes supplémentaires dans les déchetteries et d’une seconde déchetterie, réservée aux professionnels, au nord du Gard rhodanien.
Dans le domaine de la collecte des déchets, “chaque commune a ses problématiques spécifiques. Il reste des points noirs” constate le vice-président. Autant de paramètres à étudier qui seront au programme d’un futur syndicat de coopération à la création duquel l’agglomération travaille.
Quant à la hausse ou la baisse des tarifs de la redevance incitative à l’avenir, question soulevée par Patrice Prat, “je ne peux pas le dire” admet le président de l’agglomération, “on n’a pas augmenté par rapport à 2026 et on a un déficit de 600 000 euros. Il faut faire des économies avant d’augmenter”, tout en rappelant que “s’il n’y avait pas de RI, la facture de 2023 aurait été multipliée par trois ou quatre”.
Sur le front de la verbalisation des dépôts sauvages, abordée par la maire de Saint-Paul-les-Fonts, Marjorie Sabaton, “moi je fais payer 135 euros plus 450 euros de déplacement” dans sa commune de Saint-Paulet-de-Caisson, donne pour exemple Christophe Serre.
