Benoît Mathieu, 27 ans, candidat “citoyen” à l’élection présidentielle de 2027, souhaite replacer la population au centre des décisions. Il parcourt la France à vélo dans le but d’obtenir les 500 parrainages de maires.
À contre-courant des codes traditionnels de la politique, Benoît Mathieu s’est lancé un pari improbable. À 27 ans, il sillonne la France à vélo, de mairie en mairie, pour convaincre 500 élus locaux de lui accorder leur parrainage. Une méthode inédite pour un objectif immense : se présenter à l’élection présidentielle de 2027, sans créer de parti.
Car selon lui, ces derniers font partie intégrante du problème politique actuel. “La structure pyramidale des partis politiques impose une hiérarchie qui empoisonne le débat public, cela compromet l’émergence de nouvelles idées”, estime ce diplômé en ingénierie agroalimentaire. Ainsi, il entend uniquement rencontrer des maires sans étiquette, “le but n’est pas d’aller chercher dans des électorats déjà positionnés mais plutôt de récupérer les gens qui ne se retrouvent ni à gauche ni à droite”.
Une trentaine de promesses de signatures
Parti de Chauffailles en Saône-et-Loire depuis le 30 mars 2026, avec son vélo, il parcourt en moyenne une trentaine de kilomètres par jour. “J’ai ma tente et mon réchaud, je suis en totale autonomie. Hier j’ai bivouaqué au lac de Charpal, sinon il m’arrive de dormir chez les gens et parfois de partager un repas avec eux”. De passage à Mende le 8 juillet 2026, il a prévu de rencontrer trois maires de Lozère, notamment ceux d’Esclanèdes, Banassac-Canilhac et la Canourgue. Pour l’instant, il a environ une trentaine de promesses de parrainages, “plusieurs maires ont été enthousiastes vis-à-vis de mon projet”.

Cette idée, née de la colère et de la frustration, Benoît Mathieu la mûrit depuis plus de trois ans : “Je me suis rendu compte qu’en tant que citoyen on ne peut rien faire, tout le système politique est verrouillé.” En opposition aux professionnels de la politique qui ont fait carrière exclusivement dans les institutions ou les partis, Benoît Mathieu est, lui, issu de la société civile. Un parcours qui le préserve de l’attrait du pouvoir, son ambition étant avant tout de rendre aux citoyens la place qui leur revient dans les décisions publiques.
Les citoyens sont plus proches du terrain et n’ont pas d’enjeu de pouvoir
Il propose, par exemple, de multiplier les conventions citoyennes sur une myriade de sujets. “Les citoyens sont plus proches du terrain et n’ont pas d’enjeu de pouvoir”, assure-t-il. Si les conventions citoyennes ne sont pas contraignantes, grâce au pouvoir du président, elles peuvent être soumises à approbation de la population par référendum.
Avec sa candidature, Benoît Mathieu entend placer la démocratie directe et délibérative au cœur de son projet politique. Son programme, encore en chantier, repose sur l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC), héritier de la Révolution française, qui permettrait au peuple de se saisir directement des décisions publiques et donc de passer d’une démocratie représentative à une démocratie directe.
Pour lui, changer la structure actuelle des institutions passe nécessairement par l’écriture d’une nouvelle Constitution. La rédaction de cette dernière serait ainsi confiée à une assemblée constituante de 500 citoyens tirés au sort et représentatifs de la population, puis soumise à un référendum plutôt qu’au Parlement. “Les citoyens sont capables de devenir acteurs de leur destin, de faire par eux-mêmes et de prendre les bonnes décisions grâce à l’accompagnement d’experts”, conclut-il.
