
Deux avocats nîmois portent la parole de 108 détenus à la maison d’arrêt de Nîmes. Ils annoncent leur intention de lancer une procédure. La mère d’un détenu qui s’est donné la mort en détention monte aussi au créneau.
Les conditions de détention à la maison d’arrêt à nouveau pointées du doigt. Chaleur, surpopulation, promiscuité, nuisibles, deux avocats Nîmois et la mère d’un détenu qui s’est suicidé en détention en 2025 annoncent leur intention de porter l’affaire en justice. Les conditions de détention sont aussi dénoncées par 108 détenus qui d’ici fin juillet devraient saisir la Cour de Justice de la République par le biais de deux avocats, l’un spécialisé en matière pénale, l’autre en droit administratif.
Me Khadija Aoudia et Me Arnaud Lemoine ont annoncé ce mercredi le lancement d’une procédure à l’occasion d’une conférence de presse durant laquelle, la bâtonnière a confirmé son intention de déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger.
Chaleur accablante, promiscuité, violences
Dans le collimateur des avocats, la situation à la maison d’arrêt de Nîmes qui affiche une surpopulation très nette avec quasiment plus du double de détenus que les capacités initiales, soit près de 780 détenus pour 340 places théoriques. Par la voix de la bâtonnière Aoudia, les personnes détenues dénoncent la chaleur accablante qui rend les conditions de vie en prison invivables avec une chaleur “ressentie de près de 50 degrés”. Elle évoque aussi les violences entre détenus, la promiscuité de la vie en cellule avec des toilettes à proximité du lieu de vie, la présence de nuisibles de toutes sortes (des insectes et des souris) et un climat général de dégradation du niveau d’humanité.
“Une déshumanisation” globale
L’ancienne bâtonnière évoque globalement “une déshumanisation” de la détention. Selon elle, elle affecte aussi bien les personnes en attente de jugement ou les condamnés mais aussi les personnels pénitentiaires qui suffoquent comme les détenus et sont confrontés à des violences verbales souvent, physiques parfois. Lors de son intervention, Me Aoudia a insisté sur ce climat de violences se déclinant même parfois dans le registre des abus sexuels en prison.
Ainsi, c’est dans cet environnement de surpopulation que les deux avocats dénoncent des faits de non-assistance à personne en danger constitués selon eux par l’accumulation de problèmes à la maison d’arrêt. À cet égard, la procédure est double avec une procédure transmise à la Cour de justice de la République (CJR) avec pour objectif affiché, l’ouverture d’une enquête par la commission d’instruction et une saisine du tribunal administratif de Nîmes.
Son fils s’est pendu en prison, elle se joint à la procédure des 108 détenus de Nîmes
Mes Lemoine et Aoudia ont indiqué qu’ils continuaient à collecter les plaintes des détenus, 108 dénombrés en date du 8 juillet, et d’ici à la fin du mois, d’autres détenus devraient se joindre à la procédure devant la cour de justice de justice de la République. En cas de refus de la CJR d’ouvrir une instruction, les deux avocats Nîmois indiquent qu’ils agiront devant la cour européenne des droits de l’homme. Même détermination à agir pour la mère d’un détenu qui s’est suicidé en prison en mars 2025.
La mère accablée, oscillant entre dépression et colère, demande des comptes à l’administration pénitentiaire. Selon, elle son fils qui souffrait d’un trouble n’aurait jamais dû être en mesure de se suicider en prison. Et après avoir déposé une plainte pénale à Nîmes (qui a été classée selon Me Aoudia), elle se joint aux 108 détenus pour fustiger l’environnement carcéral où son fils s’est pendu avec un drap.
