Décisions symboliques, visibilité, fermeté, apaisement : on a fait le bilan des 100 premiers jours du maire Vincent Bouget



Ce dimanche 5 juillet marquera le 100e jour depuis que Vincent Bouget a revêtu l’écharpe de maire de Nîmes. Que retenir de cette période ? Entre décisions symboliques et lignes de fond, Midi Libre dresse un premier bilan.

C’était le 27 mars dernier dans un Centre des congrès plein à craquer. Vincent Bouget se faisait remettre son écharpe de maire par Amal Couvreur, fidèle numéro 2 de la liste de gauche Nîmes en commun.

100 jours ont passé depuis, à un rythme intense, entre nominations, premières décisions, feria, visites ministérielles, lancement des festivités… Que retenir ? Voici notre bilan.

1. La méthode : concertation, visibilité et apaisement

Dès le lendemain de la victoire de la gauche aux municipales, Vincent Bouget avait donné le ton. Après une courte nuit, il s’était rendu de bonne heure auprès des services techniques avant de faire un tour de centre-ville pour parler aux habitants. Depuis, Vincent Bouget s’affiche comme un maire archi présent auprès des Nîmois, à travers tous types de manifestations. Point d’orgue : une feria marathon où on l’a vu multiplier cérémonies, courses, tournées sécurité et tournées des bodegas. Cette présence terrain est largement relayée sur les réseaux sociaux. Un contraste réel par rapport au maire précédent, Jean-Paul Fournier, qui, à la fois parce qu’il était diminué physiquement, mais aussi parce qu’il était de caractère plus réservé, était moins présent sur le terrain. À noter que consigne a probablement été donnée : adjoints et conseillers municipaux sont également très visibles sur ce début de mandat.

Gagnante, la méthode de consultation pré campagne des municipales, a été réitérée post élections. Les rencontres “bonjour Nîmes” de quartier en quartier sont un succès en termes de participation et d’écoute. Jusqu’ici tout va bien, donc, même si il faudra bien passer, ensuite, à l’action pour répondre aux fortes attentes.

Dernier point : Vincent Bouget prône l’apaisement et il semble joindre la parole aux gestes. En tout cas il essaye. Après avoir fâché les cafetiers avant la feria (lire plus bas), il est allé boire un verre chez l’un de leurs représentants au cœur de la fête. Il aurait pu profiter du rapport de la chambre régionale des comptes pour tacler ses prédécesseurs, il s’est contenté d’en faire un document qui servira “d’éclairage” pour construire les prochains budgets. Il n’a pas non plus, à notre connaissance, décidé de chasse aux sorcières dans les services. Un exemple : au service communication de l’Agglo, Vincent Bouget n’a pas mis fin au contrat d’Arnaud Julien, pourtant secrétaire départemental… des Républicains dans l’Hérault.

2. Des décisions symboliques comme marqueurs

La Journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition, voulue par Jacques Chirac, n’avait jamais été célébrée à Nîmes ? Vincent Bouget l’a inscrite au calendrier. Une semaine plus tard, pour la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, un drapeau arc-en-ciel a été accroché à la mairie. En revanche, pas de participation à la cérémonie hommage à Jeanne d’Arc “articulée avec une messe” : la mairie a voulu ne pas déroger au principe de laïcité, ce qui lui a valu des critiques, notamment du RN.

Autre symbole annoncé : la fête populaire bleu blanc rouge du 13 juillet intitulée “à la table de Marianne”. Une manière de rassembler tous les Nîmois autour de la fête nationale. Peut-être s’est-il inspiré de son voisin montpelliérain Michaël Delafosse, qui avait aussi fait des festivités du 14-juillet, un moment fort dans sa ville sitôt élu.

Parmi les mesures fortes en symbhole : la gratuité des bibliothèques ainsi que des mesures envers la jeunesse, notamment l’augmentation de la participation de la Ville pour les fournitures scolaires. Pour les transports, ce fut gratuit le temps… de la feria. Le nouveau président de Nîmes Métropole avait alors parlé de “gratuité expérimentale”.

3. Une fermeté affichée sur plusieurs sujets, sans rupture

La feria a été doublement l’occasion de tester la nouvelle municipalité. D’abord sur la tauromachie, où elle a mis en place de nouvelles dispositions concernant, entre autres, la présidence des corridas.

Ensuite sur la partie festive, pour laquelle Vincent Bouget et son adjoint à la sécurité Nicolas Nadal ont tenu à en finir avec certaines largesses pratiquées précédemment sur les extensions de comptoir. Sur la limitation sonore de la fête, la Ville s’est heurtée à l’Umih, puis a réussi à trouver avec elle un compromis pour garantir une fête sans décibels excessifs.

Un peu plus tard, le maire et son adjoint à l’urbanisme Pierre Jaumain n’ont pas validé le permis de construire du parking silo dans le quartier de la Placette, projet qui avait suscité la polémique. Pour autant, il a salué la discussion avec le promotteur Romain Tissot qui doit aboutir à un projet de logement avec parking plus proche de ce qui avait été initialement proposé.

Vincent Bouget maintient également sa ligne en dénonçant le projet de conservatoire aux Carmes qu’il estime sous-dimensionné.

4. Les grands dossiers déjà amorcés

Outre les grosses actualités qui ont saisi la nouvelle municipalité dès les premiers jours (carte scolaire, canicule…), certains dossiers structurels ont pu être déjà abordés.

Ainsi, le stade des Costières n’a pas attendu longtemps pour recevoir une visite du nouveau maire accompagné de ses adjoints concernés et des services techniques. Puis des journalistes conviés à une visite de presse. Clairement, Vincent Bouget entend remettre le stade des Costières dans le jeu, assurant que sa rénovation ne serait pas aussi élevée que le chiffre avancé à l’époque par son prédecesseur.

Fin juin, le président de Nîmes Métropole s’est aussi engagé dans un dossier majeur, celui de l’aéroport, dont la partie commerciale semble largement déficitaire. Vincent Bouget a rencontré, en suivant, le préfet du Gard et le délégataire Edéis, mais sans dévoiler pour l’heure ses intentions. La priorité, pour lui, est d’abord de renforcer l’activité sécurité civile, bien plus que le trafic voyageurs.

Côté sécurité, Vincent Bouget a obtenu l’annonce ferme de l’ouverture du nouveau poste de police de Pissevin. Dans ce quartier, il s’est aussi lancé dans la bataille pour sauver le bureau de poste, fermé du jour au lendemain. Il fait de la rénovation urbaine des quartiers prioritaires de la ville, l’une de ses priorités de long terme.

Enfin, Midi Libre a révélé cette semaine le lancement, bientôt, d’un audit sur la reprise de la gestion des arènes en régie publique. Cela ne dit rien encore de ses intentions… mais à Nîmes, le sujet est sensible. Et ça, Vincent Bouget le sait.

Et les cent jours de l’opposition ?

Le débat démocratique reste pour l’heure difficile à mesurer. En ces premiers mois, tout le monde a dû prendre le temps de s’organiser, y compris les oppositions. Surtout Franck Proust et Julien Plantier, membres de la majorité nîmoise ces deux dernières décennies, qui doivent même apprendre le rôle d’opposant. Pour l’heure, ceux-ci sont restés plutôt discrets au cours des conseils municipaux et communautaires, et ne veulent pas faire d’opposition systématique.

Quitte à laisser la place de 1er opposant au Rassemblement national de Julien Sanchez. Malgré son mandat d’eurodéputé et sa fonction de directeur de campagne pour les présidentielles, celui-ci essaie d’être présent aux séances publiques et à chercher la petite bête à Vincent Bouget, au risque de parfois taper à côté. Lors du dernier conseil d’Agglo, il a même annoncé son intention de dénoncer devant la justice les moyens alloués aux groupes d’opposition. Le président lui a répondu avec fermeté, tout en laissant son entourage jouer les porte-flingues. On sent tout de même, et surtout à l’approche de la présidentielle, que le ton va être cinglant des deux côtés.



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *