
Le conseil municipal de Millau a validé, lundi 29 juin, la création d’un comité consultatif citoyen destiné à renforcer la participation des habitants à la vie locale. Si le principe fait consensus, son mode de désignation a donné lieu à de vifs échanges entre majorité et opposition.
Le ton est monté dans la salle du conseil. Ce lundi 29 juin, les élus devaient se prononcer sur la création d’un comité consultatif citoyen à Millau et sur son règlement intérieur. Si l’objectif de cette nouvelle instance n’a pas été remis en cause, les modalités de désignation de ses membres ont rapidement cristallisé les débats.
Un comité consultatif de 72 membres
Présenté comme une “instance de dialogue entre élus et citoyens” destinée à “renforcer la démocratie participative“, ce comité sera composé de 72 membres, volontaires ou tirés au sort, répartis en quatre collèges : les jeunes de moins de 26 ans, les citoyens, les relais de quartier ainsi que les représentants du monde associatif et économique.
Le président sera désigné par le maire et présentera les travaux du comité au conseil municipal. Les élus pourront saisir cette instance sur différents sujets, mais les collèges auront également la possibilité de travailler de leur propre initiative. Cinq réunions plénières seront prévues chaque année, le samedi matin.
“Il permettra à chaque citoyen de s’impliquer directement dans l’élaboration, le suivi et l’évaluation des décisions publiques“, a défendu Théo Costes, adjoint à la Vie citoyenne. Le comité n’aura toutefois qu’un rôle consultatif : les décisions resteront du ressort des élus. L’appel à candidatures sera lancé au cours du mois de juillet pour une installation prévue en octobre.
Un mode de désignation contesté
Sur le principe, l’opposition salue la création de cette nouvelle instance. Mais c’est surtout le mode de désignation qui a suscité les critiques. Dalila Belaïd Artis, élue de l’Alternative de gauche, a jugé le dispositif “un peu douteux“, estimant que les citoyens devraient pouvoir élire eux-mêmes leurs représentants. Elle a demandé à reporter la création du comité afin de retravailler son fonctionnement.
De son côté, Emmanuelle Gazel a regretté que le règlement ne favorise pas davantage les Millavois habituellement éloignés de la vie publique. “On pourrait par exemple exclure du tirage au sort les anciens élus ou certains cadres de la collectivité qui participent déjà largement à la vie publique“, a-t-elle proposé.
“On ne doit pas écarter des personnes en raison de leur passé. Aussi d’autres dispositifs de démocratie participative pourront voir le jour durant le mandat“, a répondu Théo Costes.
“Vous voulez nous faire passer pour des amateurs”
Alors que le maire, Christophe Saint-Pierre, se félicitait du déroulement serein des débats, la situation s’est tendue lorsqu’Emmanuelle Gazel a qualifié le futur comité de “gadget“. Une remarque qui n’a pas manqué de faire réagir l’édile.
“Ne tournez pas ce sujet en dérision et ne dites pas n’importe quoi. Nous souhaitons mettre en place ces instances. Elles sont certainement perfectibles, mais il est impossible d’associer l’ensemble des habitants à toutes les décisions“, a lancé le maire.
Dans la foulée, Théo Costes a regretté la posture de l’opposition. “Vous voulez nous faire passer pour des amateurs sur la gestion des finances de la ville. Je pensais au moins que nous pouvions partager cette ambition commune de faire participer davantage les citoyens à la vie publique.”
Emmanuelle Gazel a accueilli la remarque avec le sourire : “Vous êtes tendus quand même“, avant d’ajouter, quelques minutes plus tard : “C’est fou de clore aussi rapidement les débats. À chaque fois que nous ne sommes pas d’accord avec vous, vous dites que nous racontons n’importe quoi.“
Cette dernière remarque a fait monter d’un cran la tension. Christophe Saint-Pierre a alors haussé le ton : “On vous a vus à l’œuvre pendant six ans. Arrêtez, ça suffit. C’est l’hôpital qui se fout de la charité, pardonnez-moi de le dire avec autant de véhémence“, a conclu le maire, avant de passer à la délibération suivante.
La création du comité consultatif citoyen a finalement été adoptée. Les sept élus du groupe d’Emmanuelle Gazel ainsi que Dalila Belaïd Artis se sont abstenus.
