
Le chef de file des députés LR lâche le candidat investi par le parti, au profit de l’ex-Premier ministre Édouard Philippe. Ambiance…
Le coup de poignard dans le dos n’était pas impossible. Il était même prévisible. Bruno Retailleau, investi par son parti, LR, dans la course à la présidentielle, s’y attendait probablement. Mais il n’en est pas moins douloureux : dans une interview au Figaro, ce mercredi, son ex-opposant au fauteuil de n°1, Laurent Wauquiez, le lâche en rase campagne. “Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu’Édouard Philippe peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France“, assène-t-il. Il faut “savoir se retirer si c’est nécessaire“, souffle-t-il, arguant d’une cote trop faible de Bruno Retailleau dans les sondages. Le candidat LR plafonne autour de 10 %.
Le timing des déclarations de Wauquiez n’est pas dû au hasard : c’est ce dimanche que le maire du Havre et ex-Premier ministre Édouard Philippe fait son meeting de lancement de campagne à Paris. Laurent Wauquiez devrait être absent. Mais éviter de mettre plus d’huile sur le feu dimanche ne change rien : son choix est un accélérateur d’incendie pour une maison LR qui brûle.
“J’ai noté qu’il m’encourageait, je ne suis pas sûr que ce soit un soutien mais j’ai noté qu’il m’encourageait“, a lâché Édouard Philippe sur BFMTV ce jeudi.
Question de stratégie
L’ancien patron de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, chef de file des députés LR, jure ne pas en faire une question d’hommes. Mais de stratégie : craignant un second tour LFI-RN, il plaide pour une union de la droite et du centre, via une candidature plus consensuelle que celle de Bruno Retailleau, jugé trop proche de la sphère RN.
Édouard Philippe, quant à lui, engrange les ralliements avec satisfaction. La porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l’Énergie, Maud Bregeon, lui a affiché son soutien ce lundi… Une pierre dans le jardin, cette fois-ci, du candidat Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal. Reste à savoir si le duel déjà amorcé de deux ex-Premiers ministres d’Emmanuel Macron – Attal et Philippe – ira jusqu’au bout. Et si Bruno Retailleau, autre ex-ministre du chef de l’État, sera toujours en lice.
Des archives cruelles pour le député LR
Souvent, Laurent Wauquiez varie, bien fol est qui s’y fie, raillent en substance ses détracteurs dans l’entourage de Bruno Retailleau. Il y a un peu plus d’un an, il disait apporter une réponse “d’une clarté totale” et sans “ambiguïté” en refusant toute alliance entre Les Républicains et le chef d’Horizons pour la présidentielle. “Avec moi, il n’y aura jamais d’alliance avec Édouard Philippe“, insistait-il en pleine campagne pour l’élection interne à la présidence des Républicains, qu’il a finalement perdue. “Pourquoi je ne crois pas au projet d’Édouard Philippe ?, lançait-il à l’époque sur le plateau de LCI. Parce que c’est la même chose que ce qui nous a mis dans le mur pendant les dix ans qui viennent de s’écouler […]. Je ne ferai pas la béquille d’un projet du macronisme sans Macron.“
